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21/01/2012

00 - Préface

Cet eBook avait été écrit à plus de 80% mais il se cherchait une raison pour sortir. Pas assez de romance? Peut-être. Le livre de Delphine de Vigan, "Rien ne s'oppose à la nuit" parle de sa mère et m'a interpellé. Il m'a permis d'y voir une occasion d'exprimer un ressenti personnel dans un cas similaire, au départ, mais qui reste très différent dans son prolongement.

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A ma mère,

Aucune intention de devenir écrivain. Pas eu le temps pour cela.

Cela étant dit, je vous ai sorti un feuilleton pour l'été. L'hiver arrive et les soirées deviennent longues. Certains points qui n'auraient pas été compris et demandaient une explication. Une occasion d'aller plus loin ne s'imposait pas. Je viens d'écrire "Tout dire, tout écrire puis en rire". C'est alors qu'un livre initiait l'envie.

Dans la postface du livre "Rien ne s'oppose à la nuit" de Delphine de Vigan, on peut lire: "Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire comme un écho inlassable de mots et le retentissement du désastre. Une mère qui illustre le pouvoir de destruction du verbe et celui du silence. Faut-il faire bonne figure ou faire face? Livre qui n'a rien à voir avec ma mère mais qui est empreint de sa mort et de l'humeur dans laquelle elle m'a laissé. Mon fils m'a demandé, sans préavis et sans que rien, dans la conversation qui avait précédé, ait pu amener à cette question :

- Grand-mère... elle s'est suicidée, en quelque sorte ?  

Question inattendue et réponse difficile à faire à un enfant de neuf ans. Je me le suis demandé en circuit fermé.

Elle continue en écrivant en préface "Ma mère constituait un champ trop vaste, trop sombre, trop désespéré, trop casse-gueule, en résumé. Écrire sur sa mère, au travers de soi, autour d'elle ou à partir d'elle est un terrain miné.".

Elle l'avait écrite après s'être vue licenciée après onze ans dans la même entreprise et se retrouvait avec le vertige devant son ordinateur allumé.

Mon histoire, j'avais commencé à l'écrire trente ans après. Lue en diagonale par certains amis, je savais qu'elle n'était pas finie, pas assez finie, trop intimiste, trop brute et demandait un fil rouge. Perdue entre humour ou cachée derrière des rages trop fantasques, elle s'est construite progressivement à la suite de flashes vers le passé qui suivent, généralement, les paroles "tu te souviens de ...".

Une bipolarité? Je ne sais si cela est vraiment la cas, ici, entre la forme et la formule. 

Le temps n'y change rien à la forme et la formule des événements s'oublie vite. Seul le fond reste ancré dans la mémoire. Non, rien ne s'oppose à la nuit, si ce n'est l'envie qui reste dans le regard.

Le temps s'y déroule sur plusieurs générations sans être une saga romanesque et sans finir par dormir chez la Dame de Hautes-Savoie comme le chante, Francis Cabrel.

Le "Je suis mort et alors" de Philippe Bouvard va quelque peu m'y aider. Il va me suivre tout au long de mon histoire.

Comme préambule celui de Frédéric Begbeder, écrit dans "Un roman français" pourrait servir.

"La vie d'un homme se divise en deux périodes, l'enfance et l'âge adulte. La troisième pour l'avoir accepter, est d'entrer dans l'âge du souvenir. Engagé dans les désirs et les projets d'adultes et remarquer n'en avoir presque aucun souvenir de l'enfance. Il est absolument inutile de raffiner l'analyse. L'honnêteté amène à de vraies découvertes sur la nature humaine. Famille héroïque presqu'à l'absurde pendant la première guerre mondiale. Réservée pendant la seconde. Dans un appétit de consommation, une adolescence avec les souvenirs qui affluent. Période pendant laquelle on se compare, on se confronte, on vérifie l'appartenance à une commune humanité. Telle est la vie que j'ai vécu: un roman français. Le temps envolé ne ressuscite pas et l'on ne peut enfuir l'enfance. Ce qui est narré n'est pas nécessairement la réalité. Chacun a seulement des souvenirs différents.".  

Comme toujours, vous êtes invités à intervenir avec vos anecdotes et vos expériences. Nous sommes dans le monde de l'interactivité et pas derrière les pages d'un livre papier.

Je laisse la parole à un narrateur imaginaire.

15:13 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (8)

Commentaires

Encore une fois mon cher Guy je serai au rendez-vous. L'important n'est pas dans la forme mais dans le contenu. La forme soutient le contenu. Et le contenu est essentiel sinon fondamental à la forme. L'écriture est parfois exutoire. Elle est parfois réparatrice. Elle est parfois inspiration brute. Il convient à chacun de s'en imprégner et d'entrer avec délicatesse dans l'univers du narrateur. Il y aura bien sûr les mots. Il y aura aussi le non-dit. De tout cela jaillira ou non une lecture passionnante. Pour peu qu'on le veuille bien, la passion devrait être également au rendez-vous.

Pierre R.

Écrit par : Pierre R. Chantelois | 26/11/2011

Il y aura de tout cela, cher Pierre. Je promets.
Rendez-vous mercredi. :-)

Écrit par : L'enfoiré | 26/11/2011

Cher Guy ,

Un narrateur qui ecrit sur sa propre famille est un acte de courrage , et dans la narration
le courage est un acte de culture. On dit qu'il ne faut pas chercher la realite dans les mots , mais les mots dans la realite.
Je te souhaite bonne chance avec conviction que la chance aide les gens courrageux.
Moi aussi je serai mercredi au rencez-vous.
Bonne soiree
Nina

Écrit par : Nina Georgescu | 26/11/2011

Chère Nina,
Je ne sais si c'est du courage. C'est plutôt du raisonnement après coup, très longtemps après.
La vie est pleine d'embuches, de situations inattendues. Au début, l'enfant croit que c'est normal, la manière dont il est traité.
J'ai peu de souvenirs d'une certaine période.
Alors, je me suis basé sur ce qu'on en disait avec humour, sans intention de donner un aspect négatif.
Bonne soirée

Écrit par : L'enfoiré | 26/11/2011

Rien ne s'oppose à la nuit, vos nuits sont plus belles que vos jours, la nuit terre de toutes les angoisses et de tous les fantasmes aussi...
Delphine de Vigan, que je n'ai pas encore lue, a déjà 2 talents :
avoir trouvé un titre très beau
avoir exposé son visage très beau
Rien ne s'oppose plus à lire alors Delphine de Vigan...

Écrit par : Raphael | 27/11/2011

Je l'ai lu, Raphael.
J'espère que vous aimez aussi mon titre. :-)

Écrit par : L'enfoiré | 27/11/2011

Coïncidence, je viens d'apprendre que Patrick Poivre d'Arvor qui est né le même mois que moi-même, sort un nouveau livre sur le même sujet avec comme titre "L'expression des sentiments".

Écrit par : L'enfoiré | 27/11/2011

Je viens de lire ce nouveau PPDA, ce matin.
Très différent. Intéressant de lire les biographies d'autres pour ne rien perdre pour la sienne.

Écrit par : L'enfoiré | 28/11/2011

Les commentaires sont fermés.