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26/11/2011

bala14- Postface

« L'autobiographie est encore le meilleur moyen qu'on ait trouvé pour dire toute la vérité à propos des autres », Pierre Daninos

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Que dire à la fin d'une autobiographie? Qu'on a été heureux d'avoir été là? Qu'on a exister? Qu'on existe encore?

Avoir recherché le bonheur pour son entourage ainsi que pour soi-même, ne me semble pas une mauvaise interprétation de ce qui pourrait être un but ambitieux que l'on réussit parfois, que l'on rate aussi.

Qu'on a eu de la chance d'être né au bon moment et au bon endroit pour ne pas avoir sombré dans des affres d'une autre époque dans laquelle la drogue aurait pu faire des dégâts.

C'est remarqué que la destinée est parfois bizarre. La 3ème génération avant avait huit enfants fruits d'une arrière-grand-mère et deux arrières-grands-pères.

Deux noms de familles Vandenborre et Swenne. Il n'y a eu de suite que par l'intermédiaire du deuxième qui a continué le nom Swenne mais au Québec.

J'ai construit un arbre généalogique et je reçois encore des nouvelles des Swenne par l'intermédiaire de "Héritage".

Pour le reste, ce fut une véritable implosion pour différentes raisons: le "carpe diem" et parfois un athéisme latent  

De la chance d'avoir choisi un métier qui me correspondait, qui m'a permis de créer plutôt que d'être d'utilisateur de rêves des autres avant de m'y immiscer en finale comme les autres.

« Où j'ai constaté que plus on est mort, moins on vit et où je m'offre le délicat plaisir de revivre mes meilleurs moments», constatait Bouvard toujours en vie.

Entre la compréhension et la réalisation, il y a l'interprétation des événements.

Interpréter est à mettre en relation avec un espace-temps et s'en souvenir, une joie ou un remord.

Inventer ma vie, je n'aurais pu le faire, même si écrire des fictions me passionne.

J'ai cherché, fouillé, gratté, déterré, exhumé mes souvenirs de la seule mémoire puisque la plupart des photos n'existent plus. La mémoire reste paresseuse, hypocrite, même. Elle ne se rappelle que des meilleurs et des pires moments. Le reste est enfoui sous l'iceberg d'une pensée considérée comme trop banale. Elle relate des faits qui paraissent évidents, vraisemblables mais qui ne sont pas nécessairement la seule vérité. La vie active, je l'ai décrite, en détail, ailleurs.

Dans cette rétrospective autobiographique, j'ai essayé de ne pas y ajouter d'effets théâtraux. C'est déjà ça.     

Une seule introspection ne suffit pas. Il aurait fallu la mettre en correspondance avec les interlocuteurs de l'histoire puis avoir le courage d'en faire le contour avec une critique à froid. Pour ma mère, ce fut l'argent qui représentait le but à atteindre, l'outil de ses fantasmes.

Cette biographie en parallèle, j'aurais dû l'écrire plus tôt et te la présenter, Maman.

Tu en aurais peut être ajouté quelques secrets avec un regard plus personnel et attentif que le mien.

Tout était là pour donner des envies communes qui allaient passer par notre imagination.
Il est fondamental d'accepter de faire le deuil de ce qui n'a pas été donné dans l'enfance en réponse  aux envies dans le regard.
Fondamental de comprendre que, du fait de notre histoire, certaines personnes nous sont interdites dans la vie d'adulte.
Sous l'emprise de pulsion de vie, nous pouvons établir des relations avec d'autres plus bienveillantes avec lesquelles nous n'aurons jamais à nous battre pour qu'elles reconnaissent nos qualités. Tout individu s'offre l'occasion de revisiter des émotions non évacuées et donc de tenter de les réparer. 

Maman, tu avais envié les plus riches, tout en étant pingre pour toi-même et pour les autres. Tu as ainsi oublié de vivre en épargnant pour ta deuxième vie. Ce n'est pas ainsi que l'on peut motiver les autres dans la longueur.

Trop abstraites, les vraies raisons de ton mal-être pouvaient, pourtant, s'y déceler.

La vie était ailleurs. L'envie, pour toi, s'est traduite par le mot "jalousie" dans ton esprit. Ce sujet-là, c'est déjà un autre livre à écrire.

L'envie, sous cette forme, est une maladie incurable. Elle terrasse son malade sans se dénoncer et flétrit les deux bords d’une relation humaine. Le moment d'en prendre conscience, c'est déjà trop tard.

L’envie est toujours menée par ce qu’on n’a pas et que l’on voit dans l’assiette de l’autre. 
Tu as, maman, trop espérer des autres en n'investissant pas là où il le fallait. Tu dénonçais, pointais du doigt ta propre existence, en pure perte de moyens. 
Intéresser l'autre, par ses sentiments, par ta culture, tes expériences, sans intermédiaire, tu ne le pouvais. Des anecdotes existent pour le prouver. Défendre tes convictions avec des propres arguments, reconnaître tes erreurs et garder le plaisir de transmettre, garder un peu de folie, d'humour, c'est ce qui t'a surtout manqué.
Le piège de notre société de consommation ne t'avait même pas effleuré pourtant tu y as plongé, pieds joints.
Vers la fin, tu n'espérais plus rien, n'avais plus de projets. Dans ce cas, tu ne pouvais que devenir déçue de la vie et te renfermer dans un mutisme profond.

Avais-je été partiellement responsable de ce mutisme en tant qu'adulte? Peut-être.

Je voyais la vie autrement. Nous avons la fierté en commun. La fierté est une maladie contagieuse qui génère sous forme de ratés de cascadeur.

Tu avais besoin d'un gestionnaire de ton patrimoine. Un conseiller, toujours prêt à te recevoir avec le sourire, je ne pouvais pas te l'offrir pour construire tes rêves et tes fantasmes. Les conseilleurs sont, le plus souvent, les plus encaisseurs et les meilleurs "amis". Ce que je ne pouvais ni voulais devenir.

Ton «bâton de vieillesse» t'as déçu.

Mon «bâton de jeunesse» m'a manqué. Entre les deux extrémités que de malentendus.

L'envie dans le regard, pour moi, était faite plutôt de choses bien naturelles qu'un jeune aurait pu espérer de la vie en famille et qui a manqué. 

Mon double a permis d'y échapper. Ce double imaginaire a évité beaucoup de pièges, mais aussi rater, peut-être, la montre en or. Un goût de la psychologie, de la lecture en soi et ensuite de l'écoute attentive des autres m'a permis de comprendre le "jeu d'échecs de la vie".

0.jpgTu n'as pas laissé de lettre comme testament qui aurait pu m'éclairer. Rien qui aurait pu expliquer le fond de ta manière de vivre. Tu avais voulu ta liberté pour papillonner plutôt que de laver les chaussettes d'un homme, comme tu le disais. Je te savais passionnée avec eux, pourtant.

Opérations sans lendemain car il n'y avait qu'un échange partiel et très temporel à la clé.

La danse, ta passion, s'est limitée, à la fin, à l'admiration d'une piste sur glace à la télé. Sans même en comprendre les règles. Le reste ne fut que des images qui passaient, très vite oubliées, dont tu n'aurais pu en discuter ni en retenir le contexte.

Ma lettre qui te serait destinée, ne serait pas du style de celle de Roland Magdane qui me fait sourire mais qui ne correspond pas à la situation, bien que Magdane fait partie de la même génération que la mienne.

Cet humour te faisait défaut et aurait dû être ta préoccupation pour remettre la balance en équilibre.
Que dire, sinon pardon d'avoir été là, puisque tu ne m'attendais pas.

« Ne pourrait-on pas fixer la Saint-Sylvestre au 15 août, afin que le père Noël évolue enfin dans des cheminées éteintes ? », imaginait Philippe Bouvard.

La période de Noël est réservée aux enfants. Les adultes font semblant de faire une parenthèse dans un espace restreint qui n'a même pas la durée d'un weekend. Pas de quoi pavoiser.

Noël est une période de cadeaux, de plaisirs forcés, qui crée artificiellement les envies mais qui fait découvrir, par effet miroir, qu'il peut se refléter sur soi.

Les meilleurs cadeaux sont ceux que l'on ne rêve pas et qui arrivent sans crier gare.

S'amuser, un fou rire, un rire, un sourire ne devraient pas être affaire d'exception.

Période de Noël que j'attendais hier, avec impatience et que je saute avec plaisir, aujourd'hui.

"Le Père Noël", il n'en a rien à cirer, cet imbécile.

Ta mort n'a pas généré mon élan d'écriture. Elle a servi de catalyseur, de fil conducteur dans cette "Envie dans le regard".

A cette occasion, les larmes, lors de ton départ, n'étaient pas vraiment au rendez-vous. Je m'en excuse. Mon double ne me l'a jamais imposé. Je n'influencerai pas son jugement.

Le rêve fait partie de l'impossible étoile comme le chantait Brel, mon aide-mémoire. C'est aussi le moment de se rendre compte qu'on apprend plus de ses ennemis de convictions que de ceux qui suivent la couleur locale ou qui font semblant d'être avec vous et qui ne pensent qu'à utiliser vos propres qualifications. C'est ainsi que l'on récolte une aversion de toutes censures sous le chapeau de faux médiateurs.

0.jpgUne épouse à mes côtés, depuis près de 40 ans, meuble les interstices de ma personnalité. Les trous de ma personne sont énormes sur certains objets ou sujets.

Mon côté cartésien, ma logique implacable donnent des ressorts à toutes conversations passionnées. Je l'ai voulu ainsi même si je me rends compte que je l'ai aussi "perverti" à ma mesure ou à ma démesure. Elle est quelque part un roc qui offre le contraste idéal comme impétueuse mais une vraie moitié. Un goût que je lui réserve et que je n'aurai jamais.

Le goût de mon épouse pour les beaux objets fait partie d'un certain fétichisme. Sont-ils importants? Vaste question consumériste que les messages de la pub essaient de pousser. Ce n'est pas ma spécialité, je fais seulement confiance quand cela ne me touche pas de près.

Petite aux cheveux rouges sur la tête et dans le cœur, que l'on reconnait dans la rue.

Spéciale comme moi mais sur d'autres plans.

0.jpgUn pèlerinage sur les lieux d e mon mariage dans la maison communale et ce furent des vitraux qui me revenait en mémoire, après tant d'années.

La sensibilité de mon épouse m'impressionne. Son fétichisme des objets me questionne. Chacun ses prérogatives et affinités.

Difficile de vivre avec un "enfoiré". Rester calme dans une mer agitée devient alors l'art de la sagesse. Pas de bouderies, un passage obligé de la câlinerie avant un nouveau chapitre qui commence.0.jpg

"La solitude, ça n'existe pas", écrivais-je à cette occasion.

La solitude, ça n'existe que sur demande, quand on peut et veut réfléchir seul. Ensuite, en discute à deux ou à plusieurs en cherchant des mots en commun.

Perdu en forêt, avec les couleurs automnales, il y a des moments de plénitude que je ne partagerai qu'avec moi-même. Pas d'itinéraire prédéfini. L'aventure pure à petite échelle.

"Où la Toussaint me redonne un peu le moral", comme le pense Bouvard. Pensée qui correspond à l'automne, ma saison préférée pour les photographies.

S'intéresser à tout ce qui se passe devant mes yeux, une jouissance et une liberté. Tout est dans tout et inversement, mais encore faut-il en chercher les liens entre ses membres qui constituent ce "tout".

Fin de chaîne, je me demande si j'aurais été un bon père alors que je m'étais saoulé par le travail. Une fille aurait été bienvenue. Mais, on ne peut pas tout avoir. La chance ne passe pas tous les jours et elle est très restrictive. Plus personne avant non plus.  

Le fameux devoir de mémoire que l'on se transmet de génération en génération, je n'aurai pas à l'avoir. La famille de mon côté et de ceux que j'ai connu, s'est éteinte.

L'oncle Alphonse avait un fils unique, Henri, décédé du cancer des sinus. Pas eu d'enfants. Son épouse, Godelieve vit probablement encore.

Tante Maria avait une fille unique, Marie, décédée, pas eu d'enfant.

Tante Caroline et Oncle René, tous deux décédés, sans successeurs.

J'ai dressé un arbre généalogique de la famille. Très peu, trop peu complète. A quoi bon la remplir puisque même ma demi-sœur, je ne l'ai pas connue. Des inconnus et inconnues forment peut-être d'autres cases vides en des bouts de chaîne.  

Ainsi vont les vies qui se croisent sans se rencontrer, faces à des prétentions, des envies qui donnent le tournis et des résultats complètement aléatoires.

Chacun arrive au jour "Où je me résigne à ne plus être informé d'une actualité qui se passe de moi". C'était ce que devait ressentir ma mère avec ce flambeau que l'on se refile de génération en génération.
 
La Toussaint, c'est aussi la période où je me retrouve devant la tombe de ma mère et « Où je suggère de transformer les cimetières de notables en parc d'attraction », comme terminerait cet autre "enfoiré" de Bouvard.
 
Faire suivre Philippe Bouvard avec les titres de ses derniers livres biographiques, m'a  paru très amusant. Ils m'ont beaucoup inspiré pour trouver certains chemins qui se ressemblaient.
Merci, Philippe.
Avec près de 20 ans de plus que moi, je me suis permis d'emprunter quelques titres de chapitres de ce roman dans le mien. Pur hasard de parallèles.
"Fils unique, j'avais tout pour être heureux et j'ai été malheureux. D'origine juive et baptisé avant de ne plus fréquenter les églises, je ne me reconnaissais dans aucune culte. Curieux de tout, mais autodidacte, fait qui n'a plus sa place aujourd'hui. J'ai une fierté quand je passe devant un théâtre où flamboient les noms de mes anciens pensionnaires." ", avoue-t-il.
Le "Je suis mort. Et alors" ratissait dans l'humour noir à titre posthume. "Des funérailles de l’auteur aux premiers jours de solitude totale dans le cercueil, des voisins de caveaux muets aux souvenirs du passé qui eux peuvent remonter à la surface, des questions sur l’âge, la maladie, Dieu, la famille, les femmes aux réflexions sur notre monde, cet ouvrage est un délice d’humour noir... autant qu’une ode à la vie." 

0.jpgIl est dit dans le suivant "Ma vie d'avant, Ma vie d'après", "Dix années ont passé depuis la disparition de l'auteur et sa résurrection dans les librairies. Faute d'autres occupations, il continue à observer la vie quotidienne des morts, de leurs familles, du petit peuple des cimetières et à dicter ses impressions. Il profite également de ses états de conscience pour oublier qu'il n'a plus d'avenir dans l'évocation d'un passé de plus en plus lointain. Ayant bénéficié du privilège d'attendre son dernier soupir pour retomber en enfance, le condamné à perpète de la douzième division remercie ceux qui ont honoré sa mémoire en mettant à contribution la sienne.

Surgissent tous les fantômes de ses jeunes années. Moins la saga d'un gamin qui se prend pour Napoléon avant que ses parents ne lui promettent la fin de Louis XVI que la peinture par un historien en herbe d'une 'drôle de guerre' suivie d'une curieuse paix. Chemin faisant, il tire à boulets rouges sur une société dont il se souvient que le pouvoir de persécution s'arrête devant la grille des nécropoles".

Il faudra un jour que j'y pense et que j'écrive la suite de l'histoire. Mais, on a le temps. On a toujours le temps pour ça.

L'incompatibilité se trouvait, chez vous, Philippe, dans le fait de n'avoir pas trouvé une école avec des professeurs dont le langage était susceptible de vous faire aimer l'école. 

Je l'ai aimée, cette école, sans y trouver, pourtant, tout ce que j'y cherchais. Quelques bons professeurs qui comprenaient la différence entre charger la 'chaudière' des connaissances et faire comprendre ce qu'on pouvait en faire.  

Je suis aussi autodidacte, comme vous. Je l'ai été dans pas mal d'autres domaines. Curieux de tout, de ce qui normalement ne devrait qu'effleurer la carapace de mon indifférence. On apprend plus de la vie après les études que pendant.

Vous n'aviez pas de hobby, dites-vous. J'en ai eu des hobbies, de très différents, des phobies, peut-être aussi. Pour vous, c'était, très certainement, dans la lumière à utiliser votre temps, à le compter et à le décompter, en riant aux éclats avec vos contacts médiatiques ou médiatisés. Je suis resté dans l'ombre, sans y rester coincé. Chacun son truc à plumes ou à poils et la manière de les lisser.

 
C'est alors, qu'un jour, par hasard, je suis tombé sur un article. On parlait de l'analyse qu'avait fait la psychologue, psychothérapeute, Marie Andersen. Analyse qui correspondait aux raisons de ce que je suis devenu, quitte à en devenir caricaturale à certains moments. 

Elle disait encore que "les années d'enfances modèlent notre sensibilité, confirme ou contredit notre tempérament. L'environnement imprime des croyances, développe ou étouffe des émotions, forge notre façon de voir la vie et les relations. Si nous nous emportons c'est un héritage de notre passé. Le choix de notre conjoint, l'envie ou non de fonder une famille a pu être influencer par ce bagage psychique inconscient. L'enfant comprend d'instinct que s'il veut être aimé et reconnu, il doit adopter le comportement qui colle aux attentes de ses parents. Pour en sortir, il s'agit dès lors de travailler sur soi pour identifier les émotions que nous avons refoulées ou niées, les apprivoiser et apprendre à les exprimer de façon plus juste, par la réflexion. L'enfant "sage" a, cette fois, un tempérament assez fort. Il l'a accentué et est devenu un adulte rebelle, incapable de supporter toute forme de soumission à l'autorité. Résultat: il prend toujours le contre-pied de tous, simplement pour exister.
P
our le comprendre, nous sommes au cœur d'une "constellation familiale" qui inclue tous les antécédents familiaux et qui crée des blocages, des malaises et des comportements par 'loyauté' envers le système familial".

Là, on remarque que l'on n'est plus un cas unique, un objet de foire. Être "rebelle", on en reconnaît certaines sources, là, « Où je reviens sur ce que privé d'estomac, je n'ai toujours pas digéré, mais où, regrettant ce qui ne me donnait pas toute satisfaction, je ressens la vieillesse comme une réussite puisque tout le monde n'y parvient pas, en essayant pathétiquement à me rendre encore intéressant », ajouterait une dernière fois, Bouvard, pour la cause.

Ce qui n'est pas, totalement, ce qu'il faudrait adopter comme attitude. Vivre, c'est toujours continuer à apprendre. La nostalgie est une maladie de l'esprit qui se guérit mieux en pensant plus au présent qu'au futur.

L'envie que j'ai eu dans le regard, je ne pense pas que vous avez découvert de laquelle il s'agit. Je le tiendrai pour moi.

Après, que dire, que conseiller?

Sinon que de garder toujours des envies et pas uniquement dans le regard. 

Guy alias l'enfoiré 

 

Commentaires

Le film "Maman"
http://cinema.jeuxactu.com/news-maman-bande-annonce-17911.htm

Caricature?
Deux épisodes, tiens cela ressemble

Écrit par : L'enfoiré | 06/05/2012

Charles Berling a écrit son autobiographie dans "Aujourd'hui, maman est morte".
Il y dit: "L'écriture m'a sauvé de l'autodestruction.
A la base une existence tumultueuse des Berling en Afrique du Nord. Cinq frères et soeurs.
Ma mère, femme très violente par habitude à voir ses propres parents. Moi, violent pour ne pas aller à l'autodestruction. J'aurais pu mal tourner, partir à la drogue. La rage hallucinante où on ne sent plus rien, je l'ai connue.
Le bien et le mal n'existe pas, seul l'art de l'écriture ou de la musique permet de l'exprimer.
Je suis comme Saint Thomas. Je ne comprend que ce que j'écoute.
Les bonnes idées prodiguées, je m'en fous.

Écrit par : L'enfoiré | 26/11/2012

Rien de similaire au départ.
Beaucoup de ressemblances en finale.

Écrit par : L'enfoiré | 26/11/2012

Comme j'ai beaucoup utilisé ses dictons....>>>


"Je ne peux pas m'arrêter, j'ai peur de manquer"
Interview avec Philippe Bouvard
07 septembre 2014 08:42
Martine Maelschalck

À 84 ans, Philippe Bouvard a un emploi du temps de jeune homme: rédaction d’éditos et de chroniques, émission de radio, écriture de livres… Sa boulimie de travail lui viendrait d’une enfance marquée par la guerre et la peur de manquer. "Je ne peux pas arrêter, impossible. Ou alors il faut qu’on m’arrête."
Après 62 ans de journalisme, 15.000 émissions de radio et des milliers d’interviews, il continue à jongler avec les mots. La seule chose qu’il sait faire, dit-il, faux modeste.
"J’aurais bien aimé trouver la foi, mais tous les ecclésiastiques auxquels je me suis adressé n’étaient pas intéressés par ma belle âme…"
L’antre parisien de Philippe Bouvard vaut le déplacement: après avoir formé le code de la porte d’entrée d’un banal immeuble du 17e arrondissement qu’on traverse ensuite de part en part, il faut sonner à une grille fraîchement repeinte de vert, qui ouvre sur un adorable jardin et un charmant hôtel particulier, qu’on dirait appartenir à un notable qui a bien réussi dans la vie. "Il y a plus de 25 ans que je vis ici; c’est une petite maison de province à 3 minutes à pied des Champs Elysées."
À l’étage, l’un des centres névralgiques de l’infatigable journaliste et chroniqueur: sa bibliothèque. Une pièce entièrement tapissée de livres anciens et le bureau où il enregistre ses chroniques (le studio portable est l’un des seuls sacrifices à la modernité). Cette bibliothèque, c’était l’un des trois rêves d’enfant du petit Philippe Bouvard, les deux autres étant d’occuper le fauteuil de Pierre Lazareff et d’avoir son propre théâtre. Il les a tous réalisés, puisqu’il a été patron de "France-Soir" et qu’il a dirigé, pendant 16 ans, la salle de spectacles Gaîté-Bobino.
Célèbre dans toute la France pour avoir animé l’émission de radio "Les Grosses Têtes" pendant 37 ans (jusqu’à cet été), le petit homme rondouillard aux yeux malicieux est également connu et apprécié en Belgique. La semaine dernière, il a reçu, chez nous, un hommage dont il ne s’est pas encore remis. "C’était mieux que bien. Je suis revenu de Bruxelles, mais je ne suis pas revenu de l’accueil qu’on m’a fait! C’est fabuleux. D’abord, les Belges m’aiment bien, peut-être parce qu’ils sentent que je les aime aussi. Je suis plutôt joyeux, bon vivant et pas compliqué. Mais je crois que je dois la plus grande partie de ma popularité en Belgique au fait que les Belges écoutaient les ‘Grosses Têtes’ sur Bel RTL."

COPY OF BOUVARD
philippe bouvard
Né le 6 décembre 1929 à Coulommiers.
Marié, deux enfants.
1948: Ecole supérieure de journalisme à Paris, qu’il quitte après quelques mois.
1953: entre comme coursier au service photo du "Figaro".
1977: début des "Grosses Têtes" sur RTL, remercié en 1999 et retour en 2001. Il quitte l’animation de l’émission en 2014.
1982-85: "Le Petit théâtre de Bouvard" sur Antenne 2, il accueille Chevallier et Laspalès, Mimie Mathy, les Inconnus…
1987-2003: directeur de la rédaction de "France-Soir".
1990-2006: dirige la salle de spectacles Gaîté-Bobino.

Son périple bruxellois l’a mené des studios de RTL, où il a enregistré une émission qui sera diffusée en radio ce samedi, au cercle B19, puis à un dîner de gala… Avant le Palais d’Egmont, le lendemain, où le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders a remis la décoration de commandeur de l’ordre de la Couronne à un Bouvard sous le charme. Interview, entre moments d’émotion et formules à l’emporte-pièce.

La fin de vos "Grosses Têtes", c’était un choc?

J’ai tourné la page, ça y est, et je suis en train d’en écrire d’autres.

Vous avez passé vos vacances là-dessus?

Non, je ne prends jamais de vacances. J’ai une maison à Cannes et généralement, en été, je dépasse rarement 5 ou 6 heures par jour. Mais je continue à faire, tous les jours, mon éditorial en première page de "Nice Matin" et ma chronique du "Figaro Magazine". J’ai aussi relu les pages du livre qui vient de paraître (publié chez Flammarion, il sort ce samedi en Belgique, NDLR), "Bouvard de A à Z", 2.000 formules que j’ai choisi de publier. Ma vraie actualité, c’est ce livre. J’ai aussi passé mon été à écrire la moitié d’un roman qui paraîtra l’année prochaine.

Cela raconte quoi?

Ce sera un regard sur la Côte d’Azur et le monde des jeux.

"Au jeu, j’ai échangé beaucoup d’argent contre un peu d’adrénaline. (…) Le joueur a beaucoup plus d’émotion dans la perte que dans le gain."
À peine avez-vous dit adieu aux Grosses Têtes que vous démarrez une émission, "Allô Bouvard", le week-end sur RTL.

C’est une émission qui me tenait à cœur, dont le défi consiste à inverser l’interactivité radiophonique. D’habitude, c’est un journaliste qui demande leur avis aux auditeurs et là, ce sont des auditeurs qui demandent son avis à un journaliste. C’est une manière d’utiliser ce que j’ai vu, entendu et parfois compris (sourire) en 62 ans de journalisme.

62 ans de métier… On dit que vous avez réalisé 35.000 interviews?

Si on est dans les chiffres, j’ai aussi fait 15.000 émissions de radio et 8.000 émissions de télévision… mais c’est parce que la durée de mon parcours est aussi très au-delà de la moyenne nationale. (Sourire.)

C’est tellement difficile d’arrêter?

C’est impossible. Il faut qu’on vous arrête… ce qu’on a fait pour les "Grosses Têtes". Mais bon, on m’a arrêté un dimanche et, cinq jours après, je commençais une nouvelle émission. D’ailleurs, dès que notre conversation est terminée, il faut que je retourne travailler.

Vous avez aussi une chronique tous les matins sur Bel RTL…

Oui, et cela, je ne l’avais jamais fait avant. Cela remplace au moins partiellement la rediffusion en temps réel des "Grosses Têtes" par Bel RTL.

Pourquoi travaillez-vous autant?

J’ai été un cancre et un paresseux durant les 22 premières années de ma vie. Alors, depuis, je me rattrape… Il y a une loi des compensations qui dit que, quand on n’a pas fait certaines choses, il faut les faire plus tard. Moi, je n’ai pas travaillé quand j’étais jeune et depuis, je suis aux travaux forcés. Enfin, aux travaux forcés… mais je ne suis jamais allé à mon bureau entre deux gendarmes! Je travaille parce que j’aime ça. Et que je ne sais pas faire autre chose.

CV EXPRESS
Philippe Bouvard
Né le 6 décembre 1929 à Coulommiers.
Marié, deux enfants.
1948: Ecole supérieure de journalisme à Paris, qu’il quitte après quelques mois.
1953: entre comme coursier au service photo du "Figaro".
1977: début des "Grosses Têtes" sur RTL, remercié en 1999 et retour en 2001. Il quitte l’animation de l’émission en 2014.
1982-85: "Le Petit théâtre de Bouvard" sur Antenne 2, il accueille Chevallier et Laspalès, Mimie Mathy, les Inconnus…
1987-2003: directeur de la rédaction de "France-Soir".
1990-2006: dirige la salle de spectacles Gaîté-Bobino.
Vous avez pourtant une vie de famille bien remplie.

Oui, je vais être arrière-grand-père. Encore un garçon… Je n’ai eu que des filles qui ne font que des garçons. (Sourire affectueux.)

Vous avez toujours rêvé d’être journaliste? Vous avez fréquenté, un temps, l’école de journalisme de Paris…

Oui, mais j’ai été foutu à la porte très vite. En fait, j’ai eu la vocation à 6 ans, quand j’ai fait mon premier petit journal qui a été imprimé par un oncle, qui avait une imprimerie. Et puis je n’ai plus jamais fait que des journaux, à l’école communale, au lycée, à l’armée…

Cela vous amusait plus que l’école? Vous avez fréquenté plusieurs lycées…

Je ne les ai pas tous faits, mais je connais une bonne partie des lycées parisiens. D’ailleurs, j’ai souvent été sollicité pour faire partie de l’amicale des anciens élèves, alors que j’y étais juste resté quelques jours…

Pendant très longtemps, vous n’avez jamais parlé de votre enfance. Ce n’est qu’en écrivant vos mémoires, il y a 2 ans, que vous avez révélé que vous étiez un enfant juif caché pendant la guerre… Pourquoi?

On ne m’avait pas posé la question. Et puis, les souvenirs d’enfance, il faut attendre d’être assez vieux pour qu’ils vous reviennent, c’est un phénomène de la mémoire. J’ai écrit un livre de mémoires il y a deux ans, qui s’appelait "Je crois me souvenir" et qui racontait mon enfance, et notamment mon enfance sous l’occupation.

Cette époque vous a marqué.

Beaucoup. À telle enseigne que je ne suis pas très européen, que je ne supporte pas les feux d’artifice parce qu’ils me rappellent les bombardements de 1943 et que j’ai toujours peur de manquer. Cela vous marque durablement.

C’est par peur de manquer que vous travaillez autant?

Il y a une partie de l’explication, sûrement. La peur de manquer explique que l’on continue à travailler, parce qu’on ne sait pas de quoi demain sera fait.

Comment vivez-vous la montée de l’antisémitisme actuellement en France?

J’en pense beaucoup de mal. Je redoute que l’on ravive le racisme. Aujourd’hui presque toutes les guerres sont des guerres de religion.

Quel est votre rapport avec la religion?

J’ai toujours été athée, ou plutôt agnostique, c’est-à-dire que je cherche quelque chose que je ne trouve pas. J’aurais bien aimé trouver la foi, mais tous les ecclésiastiques auxquels je me suis adressé n’étaient pas intéressés par ma belle âme. (Rires.)

Vous êtes toujours accro au jeu?

La passion a un peu diminué, en même temps qu’augmentaient les impôts… Le joueur est un contribuable volontaire. C’est un type qui va porter son argent dans un établissement où l’État en prélève une bonne part. J’ai échangé beaucoup d’argent contre un peu d’adrénaline.

Vous avez dit un jour que le jeu est une passion suicidaire.

C’est vrai, le jeu est une activité suicidaire. Ce que Dostoïevski a oublié de remarquer quand il a écrit "Le joueur" (alors qu’il était lui-même un grand joueur), c’est que le joueur a beaucoup plus d’émotion dans la perte que dans le gain. Cela relève du suicide assisté.

Mais vous n’êtes pas suicidaire?

Oh! Pas du tout. Je me bats même en ce moment contre la légalisation de l’euthanasie…

Cela dit, vous avez aussi écrit une trilogie sur la mort dont le premier volume s’intitulait "Je suis mort, et alors?". La mort vous intrigue?

Je manque d’informations sur le sujet… Mais je ne suis pas le seul, et ça ne m’empêche pas d’en parler. C’est un sujet qui me tenait à cœur, auquel je pense beaucoup moins depuis que j’ai eu le temps d’en parler, souvent sans le prendre trop au sérieux, dans trois livres successifs.

Le troisième est sorti au début de cette année et s’intitule "Les morts seraient moins tristes s’ils savaient qu’ils pourront encore se tenir les côtes en regardant les vivants".

L’un de vos premiers livres s’intitulait "Un oursin dans le caviar" (un million d’exemplaires vendus en un seul été!). C’est vous qui trouvez tous ces titres?

Oui. J’ai longtemps été ce qu’on appelle dans les journaux un "titrier". Et je continue à écrire le titre de mon éditorial quotidien dans "Nice Matin" et celui de ma chronique hebdomadaire au "Figaro Magazine".

C’est aussi vous qui, tous les jours, rédigiez le petit mot d’introduction de chaque "grosse tête"?

Oui. J’aime me définir comme un jongleur de mots.

Quand on se baptise soi-même "l’oursin", on peut se faire des amis dans ce métier?

Oui bien sûr. Mes amis se nomment Bernard Pivot, Jacques Chancel, Philippe Labro. J’ai deux amis chers à mon cœur en Belgique, Marc Pasteger et Jean-Charles De Keyzer.

Mais on se fait aussi beaucoup d’ennemis?

Mes ennemis, j’ai pris la précaution de les choisir en mauvaise santé pour qu’ils disparaissent avant moi.

Et ça fonctionne?

Oui, ça fonctionne pas mal. (Sourire.)

Vous avez aussi des mots très durs contre des personnes en bonne santé…

J’ai un combat contre les incompétents de la gauche française. Mais je ne suis plus seul dans ce cas. Avant l’élection de Hollande, j’étais un des seuls à dire: "Ce type n’est pas antipathique, mais il ne fait vraiment pas le poids, ce n’est pas parce qu’on a dirigé le département le plus endetté de France qu’on peut diriger la France." Et aujourd’hui, je me sens très majoritaire.

Vous êtes inquiet?

Oui, beaucoup. Et encore plus inquiet compte tenu de l’âge que j’ai, parce que j’aimerais bien qu’avant que je ne disparaisse, la France aille mieux.

Vous n’êtes donc pas qu’un journaliste, observateur du monde qui l’entoure?

Ah si, je ne suis que ça: un témoin! À de rares occasions, je suis devenu acteur, mais mon vrai métier est celui de témoin. Je vois et j’explique. Parfois j’explique ce que je n’avais pas entièrement compris, mais ça, c’est la grâce de l’état de journaliste.

Comment voyez-vous l’évolution du journalisme?

Internet a tout bousculé. Je pense que c’est bon qu’il y ait ce nouveau vecteur, parce que cela va permettre d’employer de nombreux jeunes journalistes, mais je les plains. Enfin, comme ils n’auront pas connu autre chose, ils souffriront moins. Quand je pense que le journaliste d’internet gagne à peine de quoi ne pas mourir de faim et que, de surcroît, il ne peut pas ou très rarement se faire un nom, je me dis qu’il faut encore beaucoup plus aimer ce métier que je ne l’ai aimé, pour vouloir le faire aujourd’hui.

Le papier a-t-il un avenir?

Distinguons. Je crois à l’avenir du livre papier, plus confortable que le livre informatique. Et puis, le livre laisse une trace. (Il désigne d’un geste sa bibliothèque.)

Vous continuez à suivre les nouvelles technologies?

Oh non! Je me suis arrêté à la radio et la télévision. Je n’utilise pas les réseaux sociaux, je n’ai pas de blog. Je fais appel aux médias que je connais. Et j’ai assez de tribunes comme ça. Je ne suis pas privé d’occasions de dire ce que je pense.


http://www.lecho.be/culture/general/Je_ne_peux_pas_m_arreter_j_ai_peur_de_manquer.9542147-7772.art?itm_campaign=newsteaser&ckc=1

Écrit par : L'enfoiré | 07/09/2014

"Une vie de coffe" de Jean-Pierre Coffe vaut le détour mais sur un plan des plus hautes sphères

Écrit par : L'enfoiré | 19/05/2015

Après avoir lu "Une vie de Coffe" l'autobiographie de Jean-Pierre Coffe, j'avais constaté qu'il y avait quelques caractères de ressemblances.
Je le lui avais mentionné.
Pas eu de réponse.
J'ai compris le pourquoi.
mes références à Philippe Bouvard qui d'après lui est le type même de l'égoïste qui a mal vieilli.

Puis, j'ai trouvé cet interview
http://television.telerama.fr/television/sophie-davant-travaille-le-deuil-de-jean-pierre-coffe,128519.php

Écrit par : L'enfoiré | 25/07/2015

Philippe Labro a écrit "Ma mère, cette inconnue"
"Netka, il y a du slave dans ce nom qui sonne clair. Elle a cinquante pour cent de sang polonais dans ses veines. Il me faudra beaucoup de temps pour identifier la Pologne, chercher la trace du père inconnu, éclaircir les mystères, imaginer l'enfant-valise, la petite fille abandonnée. Elle est, elle était ma mère"
https://www.rtbf.be/auvio/detail_rencontre-avec-philippe-labro?id=2217004

Écrit par : L'enfoiré | 25/05/2017

Jeanne Moreau s'est éteinte à l'âge de 89 ans à son domi­cile pari­sien.
Elle a été l'adversaire la plus forte de ce politiquement correct.
Face à notre époque shoo­tée aux senti­ments mièvres, elle assume. Et tant pis pour les belles âmes et autres bobos qui font des gorges chaudes de la mater­nité et du désir d’en­fant. Jeanne Moreau n’a pas la fibre mater­nelle. Elle ne l’a jamais eue. Elle ne s’est jamais souciée de l’avoir
Je ne suis pas faite pour avoir des enfants. Mais j’aime beau­coup ceux des autres. Je suis davan­tage grand-mère que mère.» C’est balancé de sa voix d’an­tho­lo­gie, sans remord, ni tris­tesse, mais avec cette arro­gante fierté qui a toujours agacé son fils, Jérôme Richard, soixante-quatre ans aujourd’­hui.

Avec sa mère, l’unique a fini par faire la paix après une rela­tion heur­tée. Il n’est jamais simple de surmon­ter un senti­ment d’aban­don, de s’en­tendre dire d’al­ler ranger sa chambre quand on est en manque de câlins ou de se deman­der, seul le soir dans son lit, pourquoi maman est toujours dehors au lieu de vous racon­ter une histoire ou de vous aider à faire vos devoirs.
- Mon fils a été malheu­reux. Je pense qu’il est récon­ci­lié avec nous, son père et moi. Et surtout avec lui-même, depuis quelques années seule­ment.» Enfant délaissé, adoles­cent mal dans sa peau, adulte long­temps velléi­tai­re…
C’est à Los Angeles, où il est fina­le­ment parti s’ins­tal­ler, que Jérôme s’est fina­le­ment réalisé – il est artiste peintre –, loin de la statue du Comman­deur de sa mère.
Je ne peux pas dire si sa douleur a été unique­ment due à mon rapport à la mater­nité. Ce n’est pas que j’en rejette la respon­sa­bi­lité, mais je pense qu’il y a aussi des tempé­ra­ments, des personnes plus ou moins dispo­sées à souf­frir.
J’ai accou­ché en deux heures. A peine rentrée dans ma chambre, j’ai télé­phoné à mon metteur en scène. Je l’ai réveillé: « Ça y est mon enfant est né, je suis en pleine forme. Je pense pouvoir recom­men­cer à travailler dans huit-dix jours.
On ne peut pas essayer de faire de soi un instru­ment un peu rare et être asservi aux autres.
Il l’a très mal supporté, mais nous n’en avons jamais parlé. Il s’ex­pri­mait par sa violence. Il m’a tour­men­tée. J’ai été malheu­reuse, inquiète, frus­trée. C’était un amour mouve­menté, un amour qui a amené le désordre dans ma vie.
J’ai fait une psycho­thé­ra­pie. Cela m’a fait du bien parce que la souf­france qu’il pouvait traver­ser m’a causé une terrible culpa­bi­lité.
Je vois la pein­ture de mon fils, d’un homme et d’un artiste (…), une magni­fique indé­pen­dance. Grâce à la force de de sa créa­tion, le passé n’a plus la même impor­tance. L’ar­tiste qui s’en est nourri pour créer ces tableaux est devenu un étran­ger, c’est la preuve même que c’est une créa­tion. L’œuvre de Jérôme Richard, c’est la sienne!

Elle vient de s'éteindre dans son lit... elle a simplement oublier de respirer...

Écrit par : L'enfoiré | 03/08/2017

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